LANCEMENT DU CLUB AUTONOMIE & DEPENDANCE, BIEN VIEILLIR ENSEMBLE

Ce club réuni des parlementaires, des associations, des entreprises, des collectivités locales, autour d’idées et de projets consacrés à l’adaptation de notre société au l’allongement de l’espérance de vie, à la perte d’autonomie et « l’aide aux aidants ».

Il est co-présidé par Martine Pinville, députée de la Charente, Marc Le Fur, député des Côtes d’Armor et Vice-Président de l’Assemblée Nationale, ainsi que par moi-même.

Voici la petite allocution d’ouverture que j’ai prononcée à l’occasion du lancement du club, le 8 octobre 2013, à la Maison de l’Amérique Latine.

 

LANCEMENT DU CLUB AUTONOMIE & DEPENDANCE,

BIEN VIEILLIR ENSEMBLE

Diner inaugural

Mardi 8 octobre 2013

(Maison de l’Amérique Latine)

 

 

Mesdames, Messieurs les Parlementaires,

Mesdames, Messieurs les élus, leurs représentants,

Mesdames, Messieurs les représentants des entreprises,

des associations, et des syndicats,

Chers partenaires du Club,

 

Le gouvernement a entamé la préparation du projet de loi d’adaptation de la société au vieillissement et il est évident que cette réflexion, qui implique l’urbanisme, le logement, les transports, le social, la santé, la culture, la vie associative s’articule aux réflexions, idées, projets, et aux réalisations de vous tous, acteurs impliqués dans la question du vieillissement.

 

Quand Marc Teissier d’Orfeuil m’a demandé de co-présider ce club, j’ai eu une hésitation, en dépit du grand pouvoir de conviction de Marc, que nous connaissons bien.

 

J’ai hésité car la question de la dépendance, du vieillissement, de la perte d’autonomie m’effraie. Nous usons tous ici de nombreux euphémismes pour atténuer la charge anxiogène contenue dans le sujet qui nous rassemble ce soir.

 

Nous le faisons pas seulement dans un souci de bonne communication, nous le faisons ici car, du moins c’est mon cas, il est difficile d’aborder ce sujet sans nous y projeter, nous-mêmes et nos proches.

 

C’est pourquoi mon hésitation initiale s’est très vite transformée en approbation pleine et entière, et je suis très fière de co-présider cette initiative.

 

Je ne suis pas une spécialiste du sujet, à la différence de Martine Pinville, qui a déjà beaucoup travaillé cette question.

 

J’aimerais néanmoins vous livrer 3 réflexions, interrogations.

 

Ma première réflexion est sans doute en décalage avec le cœur de cible de ce club, mais il m’a semblé essentiel de l’évoquer.

 

Je me suis particulièrement investie sur les questions liées à la discrimination et les outils dont nous nous sommes dotés ces 10 dernières années nous ont permis d’établir, statistiquement, que les discriminations liées à l’âge sont en régulière augmentation : ces discriminations s’appliquent aussi bien dans l’accès à l’emploi, que dans l’accès au logement ou au crédit.  Alors que, l’espérance de vie, et notamment  l’espérance de vie en toute autonomie s’allonge, tout se passe comme si les entreprises, les médias opéraient un mouvement inverse en plaçant le taquet « senior » de plus en plus tôt dans le parcours d’une vie. Dans les représentations sociales, j’ai le sentiment qu’on est « senior » de plus en plus tôt. Cette dissonance entre la réalité démographique et les représentations sociales ne peut se résoudre uniquement dans le leitmotiv « la vieillesse est une chance », dans les espoirs économiques fondés dans la « silver economy ». je ne connais pas la solution mais je crois éminemment dans les vertus de la représentation, de la norme, et de la sanction en matière de lutte contre les discriminations.

 

La seconde réflexion que je voulais partager, c’est que nous sommes tous égaux devant le risque de perte d’autonomie: on ne sait pas quand ce risque fera partie de notre vie, mais nous savons tous que, à un moment donné, la dépendance sera là. Pour nous même, ou l’un de nos proches. En revanche, nous sommes inégaux quant à la prise en charge de ce risque. Et plus nous avançons dans l’espérance de vie, plus cette inégalité va s’imposer comme une inégalité inadmissible ;  La mise en place d’une politique de prévention va permettre de reculer le moment de la perte d’autonomie et c’est une très bonne chose.

 

La question du « reste à charge » est évidemment essentielle avec la question du coût pour les familles, liées souvent aux difficultés administratives dans l’obtention des aides.

 

Ma troisième réflexion est dans le prolongement de celle-ci : l’Etat-Providence s’est substitué aux solidarités familiales, mais, dans cette substitution, il a également accéléré, parfois, le délitement de ces solidarités traditionnelles. On peut déplorer cette évolution sociologique. De même, on doit envisager que  l’Etat-Providence, en raison de la contrainte budgétaire, ne pourra pas prendre à sa charge, intégralement, cet impératif de rééquilibrage. Aussi, je crois vraiment que les collectivités locales, les associations, tous les acteurs de la société civile ont un rôle éminent  jouer dans la mise en place de solidarité de proximité. Je sais que ce travail a commencé, que les élus locaux y sont attentifs : il passe par des petites initiatives comme l’installation de nouveaux bancs publics, il passe aussi par des combats homériques comme la préservation de nos centre-ville, de nos commerces de proximité, par exemple.

 

Enfin et surtout, nous devons penser comment « aider les aidants », qu’il s’agisse des membres de la famille, des associations, ou des tiers. Les aider, les accompagner, leur permettre de se ressourcer. A cet égard, une meilleure réglementation, et notamment dans la formation, des métiers d’aide à la personne est une dimension essentielle de cette aide aux aidants, tout comme une évolution des modes de prise en charge hospitalière.

 

Enfin, Les nouvelles solidarités de proximité, quand bien même n’auraient elles pas les mêmes vertus et bienfaits que les solidarités familiales, doivent être encouragés, développés, imaginés, et venir épauler tous ceux qui sont concernés. Et c’est l’une des vocations de ce club, auquel je souhaite une longue vie.

 

A propos barizakhiari

Sénatrice de Paris Membre du Parti socialiste
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