L’ISLAM DES LUMIERES, Prononcé de l’intervention au colloque du 7 octobre 2013

Colloque : Pour un Islam des Lumières

Intervention de Bariza KHIARI, Vice-Présidente du Sénat,

Sénatrice de Paris

Le 7 Octobre 2013 – Salle Monnerville –

 

Prononcé

 

Chers amis, éditeurs, auteurs, universitaire, artistes, journalistes, représentants du monde associatif, citoyennes, citoyens, élus,  je vous remercie, au nom du Président du Sénat,  Jean-Pierre Bel, de votre présence aujourd’hui, dans le cadre d’un colloque dont la particularité n’aura sans doute échappé à personne, mais que je vais néanmoins commenter….

Ce colloque est né d’une double initiative : celle d’abord d’Oliver Weber, journaliste et ancien ambassadeur de France et des éditions Flammarion, pour la sortie du livre  la Confession de Massoud, et aussi de celle de la Présidence du Sénat, qui a souhaité inscrire sous son haut patronage les travaux de cette journée consacrée à l’Islam, parrainage particulièrement périlleux, puisqu’il s’agit d’Islam, quand bien même serait-il des lumières !

Sur les très nombreux  colloques qu’abrite le Sénat, seule une poignée est placée sous l’égide de son Président.  Au delà  du caractère symbolique de ce parrainage, j’aimerais insister sur son aspect politique. Je formulerai la question de façon caricaturale : Est-ce conforme à la tradition républicaine que d’apposer le Sceau de notre institution sur une journée d’étude consacrée à une doctrine religieuse, à fortiori l’Islam ?

 

Ce parrainage est un acte politique. Il s’agit de faire en sorte que le Sénat participe, avec la rigueur intellectuelle et  la sagesse qui le caractérisent, aux grands débats politiques de notre société. Car l’Islam, en Europe, n’est pas considéré comme une spiritualité, mais comme un adversaire à combattre. L’Islam est bel et bien devenu un sujet politique. Alors comment se taire !

 

Il ne s’agit pas ici de défendre  l’Islam; quoiqu’ on en dise tellement de mal que cela fait du bien d’en dire du bien mais, plus sérieusement,  il s’agit de contribuer à déminer  ce qui pour certains représenterait  un danger pour notre cohésion nationale.

Les raisons de cette méfiance sont profondes, multiples et médiatiques ;

 

 Je suis convaincue que c’est précisément parce que ces raisons plongent leurs racines dans une histoire ancienne, et, pourtant commune, qu’il est impératif de ne pas laisser ce débat aux mains d’apprentis sorciers : d’un coté les nostalgiques de la Grande France, les héritiers de Maurras et les tenants d’une xénophobie primaire, ceux qui ont de l’identité française une vision figée et passéiste, et de l’autre, ceux qui tentent d’imposer aux musulmans de France un islam rigoriste, lui aussi figé, en parfait décalage avec le degré de sécularisation de notre société.

 

Le rôle d’une institution républicaine n’est pas de diviser la société, d’alimenter les fantasmes. Le rôle d’une institution républicaine est, au contraire, de créer les conditions du vivre ensemble, non pas dans le déni des différences, non pas, non plus, en dépit des différences, ni même avec les différences ; mais au delà des différences: C’est le sens de notre projet laïque qui est cet espace de concorde qui nous unit.

 

C’est le sens de cette initiative que nous devons à Olivier Weber, au Président Jean Pierre Bel avec la complicité de Jean-Loup Reverier et qui reprend une expression popularisée par Malek CHEBEL : l’Islam des Lumières. On pourrait qualifier cette formule de « paradoxale », pour utiliser un terme neutre, dans sa tentative de lier deux univers a priori, je dis bien à priori, aux antipodes : d’un coté celui du Siècle des Lumières qui se caractérise :

  • par une réflexion critique sur la religion, et par l’appel à la suprématie de la raison et à la liberté individuelle,

et, de l’autre,

  •  une sorte d’enfermement dans l’univers de la foi, de la révélation, de l’obéissance à des rites, de la soumission à des dogmes.

Pour résumer :

  • Aux uns les lumières, la philosophie gréco-latine, le primat de la raison sur la foi,
  • aux autres l’exotisme, les ténèbres, l’aveuglement religieux. 

 

Reste qu’une telle analyse ne résiste pas à l’épreuve de l’histoire.  Je ne ferais pas l’injure de rappeler au public initié que vous êtes, ce que la culture universelle doit à la culture et à la civilisation musulmane. Ni que le premier à avoir théorisé les notions de foi et de raison est Ibn Roshd plus connu sous le nom d’ Averroes qualifié par Ernest Renan de  premier homme moderne.

 

On pourrait aussi insister non plus sur le paradoxe, mais peut-être sur le contresens que risque d’induire cette formule: l’Islam des Lumières comme si, cet Islam s’inscrivait en contrepoint d’un Islam des Ténèbres.

 

Autant le Siècle des Lumières s’étend dans une période et  dans un espace géographique donné, autant il me semble erroné de réduire l’Islam des lumières à la seule période Andalouse. Certes, la période d’Al Andalous, véritable âge d’or de l’Islam pour tous les aspects artistiques, architecturaux, culturels, a changé l’Europe médiévale et nourri le majestueux déploiement scientifique de la Renaissance, mais  on dit trop peu que l’Islam depuis ses origines a toujours abrité en son sein des « réformateurs », des « iconoclastes », des « mystiques ».

La liste de ces penseurs est longue ; si la plupart restent inconnus même parmi les intellectuels français, d’autres leur sont familiers, du moins de nom : les plus célèbres sont :

  • Avicenne (Ibn Sina),  Al Ghazali, Averroes, (Ibn Rushd), Ibn Arabi ;
  • plus proche de nous, je citerai aussi l’Emir Abdel Kader pour qui la « politique c’est porter sur soi le destin d’autrui » et qui, au nom de sa foi a sauvé des milliers de chrétiens à Damas
  • et plus proche encore, Mohammed Iqbal. J’y reviendrai.

 

Il y a aussi les poètes de langue persane, tels que Saadi, Hafez, Ferdoussi,  Khayyam,  Attar que l’on pourrait classer parmi les artisans du « coup d’Etat permanent » au cœur de l’Islam temporel.

Des mystiques tels que Halaj,  Jalal Eddine Rumi et bien d’autres grands maîtres de confrérie comme Abdel Kader Jilani, Ibn Ata Allah, Abdul Hassan Shadili, on ne peut pas citer tous les Seigneurs de la Voie. Mais je me dois de citer cette sainte femme poète qu’est Rabya al Adawya. Il y a aussi les inclassables comme Ibn Arabi, grand penseur et mystique. C’est le cas également de  l’Emir Abdelkader qui, à l’instar du Commandant Massoud, était engagé dans la vie de la cité et considéré comme le père de la nation algérienne

La mode orientaliste de la fin du 19ème a contribué à relayer l’audience de ces penseurs, poètes et mystiques. Leurs écrits relèvent de registres différents : transgression/provocation pour certains, métaphores, symbolisme pour d’autres.  Tous ces textes, avec une liberté distanciée du dogme, se caractérisent par une grande érudition, une puissance évocatrice, une finesse psychologique, un questionnement métaphysique qui participent de l’élévation spirituelle. La poésie ici et ailleurs a toujours était subversive mais n’a pas toujours permis d’éviter les foudres de l’orthodoxie. On enferme encore les poètes dans le monde arabo-musulman.

 

Mon opinion est que la tradition réformiste est aussi ancienne que l’islam lui même et, en est même d’une certaine façon constitutive, du moins dans son volet « mystique » celui que je connais le mieux. Plus qu’une période qui serait « L’Islam des Lumières », il y aurait, de mon point de vue, une lumière de l’Islam qui a éclairé les débats depuis la révélation. Il faut ajouter,  comme le dit souvent Abdelwahab Meddeb: « il y a toujours eu en Islam notamment pendant la période médiévale : pluralité et controverse. » On peine à le croire aujourd’hui tant il y a une perte de repères en Islam voire même de méconnaissance.

 

Je déplore pour ma part la trop grande méconnaissance d’abord  des musulmans de France du véritable Islam, de son histoire, de ses préceptes et de ses valeurs. Je suis souvent surprise  face à certaines revendications qui n’ont rien à voir avec la religion. Alors que dire des non musulmans qui en ont une image construite directement issue des médias !!  A ce propos, je le rappelle aux journalistes présents, il faudrait se rappeler que le mot médias vient de médiation. En matière de médiation notamment pour tout ce qui touche à l’Islam et aux musulmans, il y a encore une grande marge de progression en la matière.

 

Pendant des siècles, l’Islam, protecteur des minorités, a cohabité avec toutes les religions dans une harmonie reconnue. L’Islam c’était la tolérance, la poésie, les arts, l’astronomie, les mathématiques bref la science comme apport non négligeable à la civilisation universelle et brusquement l’Islam ne serait  plus qu’Al Qaida, Ben Laden, la Burqua….Le 11 Septembre a été un traumatisme mondial mais on oublie de dire que l’Islam en a été atteint en son cœur. Exit la tolérance, exit l’Islam savant… et finalement la vraie victoire des terroristes est là dans ce silence imposé aux musulmans. Redonner de la voix à l’Islam universel, ne pas laisser l’estrade aux imposteurs, leur disputer leur place dans le cœur des médias, c’est ce que nous faisons aujourd’hui.

 

 

Mesdames, messieurs, Il ne saurait y avoir de débat sur l’Islam sans un mot  et un hommage à  Mohammed ARKOUN qui, dans son ouvrage : « l’Islam : morale et politique » tente de montrer la prépondérance dans l’Islam classique de la pensée puisant sa force au sein de l’éthique religieuse et l’inversion de cette tendance au profit des manipulations dramatiques mises en scène dans la décennie 1970. Il nous rappelle qu’il ne suffit pas de reprendre tel ou tel aspect légué par la tradition mais que l’évolution actuelle oblige à penser l’Islam aujourd’hui.

 

Ce n’est pas différent de ce que nous disait au début du siècle Mohamed Iqbal dans « Reconstruire la pensée religieuse de l’Islam »,  je le cite : « Attache ton cœur de façon nouvelle aux versets évidents si tu veux saisir au lasso l’époque nouvelle. Si tu possèdes un cœur de musulman, examine ta propre conscience et le Coran : ces versets contiennent cent mondes nouveaux, ses âges sont enroulés dans chacun de ses instants ! L’un de ces mondes est l’époque actuelle : comprends le, si ton cœur est capable de saisir cette signification ».

Mohammed Iqbal nous convie surtout à construire ce lieu d’avenir ou n’auront plus cours ni la croyance en quelque chose qui dépasserait l’Homme, ni l’absence de croyance en quelque chose qui ne serait seulement que l’Homme. C’est lumineux de modernité.

 

Et je pourrais égrener les noms de ceux qui depuis la Révélation mohammadienne ont tenu ce discours, il y en a tant, mais, je me heurte au décalage entre la pensée souvent exceptionnelle, le discours superbe  et  le fait que pas grand chose ne change ;

Mon  questionnement est le suivant : Pourquoi, y a t il eu en tous temps, en tous lieux en terre d’Islam des êtres capables d’éclairer notre chemin et d’ou vient cette incapacité collective à saisir cette lumière ? Bref, est ce qu’en Islam « Dieu, serait à ce point l’embarras des intelligences humaines » ?

 

Oui, pour moi,  mais je suis loin d’être une spécialiste, la pensée islamique a toujours été traversée par la volonté de donner au sujet autonome sa place dans l’exercice de la foi. Que ces courants aient toujours rencontré l’hostilité d’un pouvoir politique soucieux, quant à lui d’étouffer toute remise en cause de son autorité dite divine,  soit.  Mais  aujourd’hui et maintenant cette explication ne suffit plus. Nos éminents participants pourront peut être lever le voile sur ce point.

 

 

L’Islam est devenu un sujet incandescent ; Dès lors, pour un musulman, le chemin qui mène à la connaissance de soi et d’autrui en est d’autant plus escarpé. Cette marche patiente, dans laquelle je m’inscris, aura sans doute moins d’audience que les éructations médiatiques qui abreuvent l’opinion : anathèmes contre Fatwa, qui sont les deux faces d’un symptôme unique : la peur.  Ibn Arabi nous disait  au 11ème siècle: « Les hommes sont les ennemis de  ce qu’ils ignorent ». Il a toujours raison.

 

Les esprits chagrins qui sont légions ne manqueront pas de dénoncer ce colloque comme une atteinte à la laïcité. Pour ma part, j’ai toujours affirmé que l’acceptation d’un Islam spirituel, libre et responsable est le test de crédibilité de notre république laïque.

Je vais tenter d’expliquer mon positionnement, pas différent de celui de la grande majorité des musulmans de France,  en faisant appel à Jean Jaurès et à Raymond Aaron.

 

En effet, pour mieux comprendre les musulmans de France, il ne faut pas négliger la portée émancipatrice de la transmission car quand on lutte, on a  besoin de ce quelque chose qui s’appelle une origine. C’est un matériau nécessaire pour s’inscrire dans une histoire collective, ouverte aux réinterprétations. Comme beaucoup de musulmans, je revendique cet héritage ou la multiplicité des cheminements : c’est la liberté retrouvée pour dire que la foi en la raison ne saurait être antinomique avec la foi en la foi.

 

Car quand vous perdez vos racines, vous avez tendance à les reconstituer de façon fantasmatique. C’est malheureusement ce qui se passe pour de nombreux jeunes qui méconnaissent l’Islam et qui ont la malchance de rencontrer des manipulateurs passés maitres dans l’instrumentalisation de la religion.

 

Jaurès disait « Etre fidèle au foyer des ancêtres, ce n’est pas conserver les cendres mais en transmettre la flamme ».

Je paraphraserai Raymond Aaron qui le disait pour ses origines juives « Je suis française, citoyenne française restée en fidélité avec la tradition qui m’a portée ».

 

Pleinement citoyenne française c’est l’évidence avec ce que cela implique d’acceptation des valeurs de la République dont la laïcité, cette injonction a être libre.

 

Fidélité à ma tradition qui était sous-jacente,  fruit d’une transmission familiale d’un islam tranquille. Comme beaucoup de musulmans, j’ai été confrontée au rejet, à la stigmatisation, aux discriminations, à l’islamophobie – j’ose le mot !!  et cela m’a poussé à reprendre les choses par le haut en relisant les grands textes, en relisant les poètes. Je peux dire au terme d’un cheminement : Peut-être ne suis-je pas vraiment née musulmane mais je le suis devenue !! Je fais ce parallèle avec Jean Paul Sartre  qui  dans son ouvrage sur la question juive et face à l’antisémitisme ambiant dit « On ne nait pas juif, on le devient ». Alors,  je ne vois pas pourquoi, je ne pourrais pas me définir comme « farouchement laïque et sereinement musulmane ».

 

De grâce, comprenez que ce qui est valable pour le catholique, le juif, le protestant doit l’être également pour le musulman. Laïque catholique, laïque juif, laïque protestant, ou laïque tout court aucun problème mais laïque musulman…… c’est suspect, il y a forcément un loup !!! Cette suspicion fait beaucoup de dégâts.

 

 Le temps qui m’est imparti est trop court pour aborder tous les sujets mais je veux dire un mot de la femme et de son émancipation, qui est un vaste sujet.  On peut dire la chose suivante. Nous avons dans nos textes scripturaires les outils de notre propre modernité sauf,  qu’en quatorze siècles… aucune ligne d’exégèse ou d’interprétation de ces mêmes textes n’a été écrite par une femme ou alors je les méconnais.  Les textes religieux ont aussi besoin du regard des femmes. Les hommes ont eu trop longtemps le magistère de l’exégèse.

 

Cette imposture a notamment été dénoncé par le grand poète nationaliste Turque Zia,  militant de la cause des femmes:

« Voilà la femme, ma mère, ma sœur, ma fille ; c’est elle qui éveille les émotions les plus sacrées des profondeurs de ma vie ! Voilà ma bien aimée, mon soleil, ma lune et mon étoile ; Comment  la loi sainte de Dieu pourrait-elle considérer ces merveilleuses créatures comme des êtres méprisables ? Surement, il y a une erreur dans l’interprétation du Coran par les érudits…… ». A ce propos, il suffit de rappeler que la tradition qui s’impose aux femmes n’est pas toujours dans les textes scripturaires, mais un dérivé lointain, voire même pure invention.

 

Enfin, je voudrais dire un mot du livre d’Olivier Weber. L’actualité dramatique de  Lampedusa m’en donne l’occasion. J’étais en Jordanie la semaine dernière, j’ai visité le camp de Zaatari qui héberge près de 130 000 réfugiés syriens (au passage, je me dois de dire que notre mission militaire médicale fait un travail remarquable) et, nous dit-on, les familles jordaniennes ont accueilli chez elles plusieurs centaines de milliers de réfugiés syriens. Ce petit pays qui n’a pas de ressources naturelles, même pas d’eau et qui  après avoir reçu les palestiniens, les irakiens, reçoit aujourd’hui les syriens. Et nous, européens, n’avons pas été capables au pire de la crise tunisienne de recevoir 15 000 tunisiens menacés. Ces mêmes tunisiens alors en souffrance ont ouvert leur frontière avec la Lybie pour recevoir les libyens menacés.

Il ne s’agit pas pour moi ici de dénoncer le fonctionnement européen, quoique je n’en sois pas loin,  mais de constater que pour les tunisiens,  pourtant si proches de nous, l’idée de faire acte de solidarité, de compassion, de présence n’a même pas sérieusement été envisagée, quitte a être jugé dans un deuxième temps, « politiquement inopportune ».

 

Il n’y a pas eu ce « premier temps » ou l’on regarde autrui comme un membre de la communauté humaine. L’Esprit des Lumières ne peut se réduire au triomphe de la seule rationalité. Cet esprit s’est singulièrement terni en Occident et on ne saurait en imputer la cause à la crise économique. L’esprit des Lumières ne peut plus être dans l’affirmation totale du postulat suivant : La foi est un problème dont la science aura la solution.

 

Dans l’Islam, il demeure, comme vous le dites, Olivier Weber, cette « promesse de sagesse ». Cette promesse, cette possibilité, vous l’évoquez à plusieurs reprises, car cette disposition permet de « dépasser le premier cercle, celui de la fratrie, de la famille » et elle permet de constituer la vaste confrérie de l’humanité. Et vous avez cette très belle phrase : «  L’altruisme demeure, au delà des songes, l’avenir de l’humanité ».

 

Comme Mohamed Iqbal, je veux juste exprimer l’idée qu’il n’y a pas qu’une seule alternative : la modernité occidentale sans Dieu d’un coté, et de l’autre le Dieu des intégristes de tous bords figés dans les dogmes du passé. Une spiritualité moderne ne saurait être ni d’Orient, ni d’Occident mais le produit de leur synthèse et du dépassement de leurs antagonismes respectifs.

 

Enfin, je conclurais en remerciant ceux qui ont été à l’origine de ce colloque.

  • Courage d’avoir voulu ce colloque, courage d’y participer pour les intervenants, curiosité  bienveillante de ceux qui ont répondu à l’invitation ;
  • Courage de reconnaître, sans les minimiser, les défis que posent l’islam à nos sociétés sécularisées ;
  • Courage aussi de résister à ceux qui réduisent l’islam à une sombre caricature.

 

Je terminerais en disant qu’il ne faut pas confondre l’espace du savoir avec l’espace de la finalité et du sens.  Le Coran n’est pas un Code Pénal. Le juridisme imposé par les extrémistes est mortifère pour l’Islam, les musulmans en paieront les premiers le prix.  De ce point de vue, je suis prête à partager l’idée d’Eric Geoffroy pour qui « l’Islam sera spirituel ou ne sera plus ».

 

Selon Régis Debray, l’Islam a eu sa renaissance avant son moyen âge. C’est une belle formule. Le débat va nous éclairer sur Lumière de l’Islam ou Islam des lumières, ou alors Islam des lumières en devenir : nos éminents intervenants vont en débattre.

 

L’Islam ne peut être figé dans un temps mythique. Quand il est éclairé par le fameux verset 190 de la sourate 3, je cite « Il y a, dans la création des Cieux et de la terre et dans la succession du jour et de la nuit, des signes pour ceux qui sont doués d’intelligence »,  il devient force créatrice car il  se revivifie au contact des évolutions de la société. De ce point de vue, l’Occident peut être une chance pour l’Islam.

Je vous remercie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A propos barizakhiari

Sénatrice de Paris Membre du Parti socialiste
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Un commentaire pour L’ISLAM DES LUMIERES, Prononcé de l’intervention au colloque du 7 octobre 2013

  1. Madame la Vice-Présidente et chère Bariza, c’est tout simplement: LUMINEUX! Merci.

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